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Il y a déjà presque vingt ans, Tatiana Krasnova fondait l’agence matrimoniale « Duet » à Barnaul (Une ville de Sibérie en Russie). Cette agence a marié avec succès des femmes russes avec des hommes étrangers, et cela, jusqu’en 2015. Puis, Tatiana a épousé elle-même un Français et a ainsi émigré dans la patrie du Général de Gaulle et d’Alexandre Dumas. Après avoir appris la langue et la culture Française, elle a décidé de redémarrer une autre agence en France cette fois.

Historique en Russie

  

Tatiana Jorge a 46 ans, elle est née dans la ville de Chouïa, dans la région d’Ivanovo à 300kms au Nord Est de Moscou. Elle a étudié la Pédagogie à l’Université de Pavlodar au Kazakhstan et elle a eu le diplôme de sociologie à l’Université de l’État de l’Altaï. En 1999, elle fonde l'agence matrimoniale « Duet » à Barnaul. En 2015, elle se marie et déménage en France avec sa fille. En 2016, elle fonde l'agence matrimoniale Gold Alliance. Elle aime recevoir des invités, marcher, voyager et aller à la pêche avec son mari.

"J'ai obtenu mes diplômes dans chacune des deux Universités. Après, je me suis mariée et j'ai mis au monde ma fille. Et là j’ai pensé qu’il me fallait trouver rapidement un emploi. C'était la fin des années 1990, et la décennie des années 1990 fut très difficile pour la Russie : une chute de 55% du PIB entre 1989 et 1998, 50% de la population sous le seuil de pauvreté en 1995, hausse des inégalités… La chute de l’URSS et les réformes qui l’ont suivie ont globalement eu des conséquences néfastes pour la population voyant cela comme la dévastation complète de leur Pays.
Mon diplôme de sociologue n'était pas recherché, alors, j'ai décidé de créer ma propre affaire. 

L'idée de fonder une agence matrimoniale m’est venue tout à coup. J'ai pensé que c'était exactement ce que j'étais capable de faire. Et en 1999, j'ai ouvert ma petite agence.

D'abord, bien sûr, il fallait démarcher les clientes potentielles. J'ai commencé par passer une annonce dans le journal « La Vérité de l’Altaï ». À l'époque, ce business était plutôt rare en Russie. J'ai beaucoup discuté avec le directeur du journal qui ne croyait pas en mon idée, mais finalement, il a publié l'annonce gratuitement. Les femmes de Barnaoul ont su alors qu’existait l'agence matrimoniale " Duet " et mon travail a commencé. Barnaul est une ville de 800.000 habitants.

Par la suite j'ai travaillé avec des partenaires installés au Japon, en Allemagne, aux États-Unis, en Italie, en Espagne et en France. C'étaient eux qui me fournissaient des clients masculins et engageaient des frais de publicité pour cela. La principale difficulté de cette période était l'absence de moyens de communication modernes comme le téléphone portable et donc pas de Skype, Viber, ou WhatsApp. Même le courrier électronique n'était pas très répandu. Donc, le courrier postal traditionnel et le téléphone fixe étaient les seuls moyens de communiquer. Ce processus était long et difficile. Les femmes écrivaient leurs lettres à la main, chez elles, puis les apportaient à l'agence où nous les traduisions avant de les envoyer.

Mon affaire a commencé à se développer grâce à la publicité et au bouche-à-oreille. Par exemple, une dame qui a épousé un Américain, l'a fait savoir à ses amies et ainsi de suite.
Les mères conseillaient notre agence à leurs filles et vice-versa... Mon but principal était atteint : j'ai réussi à gagner la confiance de mes clientes. C'était extrêmement difficile parce qu'à l'époque, les médias répandaient beaucoup d'informations négatives : par exemple, que les agences matrimoniales vendaient les femmes aux maisons de prostitution ou pour des ventes d’organes !

Pendant plus de 16 ans, grâce à notre agence, environ 850 mariages ont été conclus dans le monde entier. Aujourd'hui, ces couples ont un, deux ou même trois enfants. Nous restons en contact avec beaucoup d’entre eux. Je suis passionnée par mon travail et je suis très sincèrement heureuse quand un mariage se fait par notre Agence. Cela me permet de faire quotidiennement la connaissance d’hommes et de femmes et de participer à leurs destins.

Je ne conçois pas ce travail de manière « standard ». Je crois que chaque personne a besoin d'une approche individuelle. Il est impossible de dire quand une femme trouvera « son » mari. Il n'y a pas de règles, ni de norme pour être "la mariée idéale" ou "le mari parfait". Âge, apparence physique, éducation, enfants, ne sont que des données personnelles indispensables, mais en général, tout cela est secondaire quand on cherche sa « moitié ».

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Le temps des changements

  

Au bout de quelque temps l'agence générait de très bons résultats et avait beaucoup de clients à gérer au point que je manquais de temps, et je devais donc mieux m’organiser : ma fille faisait ses devoirs dans mon bureau et je m’absentais pour l'emmener à l'école. Mais chaque matin, j'allais au travail avec plaisir. 

En 2014, je suis resté seule avec ma fille. C'est la vie... J'ai continué à travailler, et un jour, un client est venu de France. Il était ingénieur. Comme d'habitude, je suis allée le chercher à l'aéroport. J'avais revêtu un costume de ski (à l'époque, il n'y avait pas de salle d'attente à l'aéroport de Barnaul et il fallait attendre dehors à 5 heures du matin avec une température de -20°). Lorsqu'il m'a vu, il a dit : « Je suis gelé mais si les femmes de l’Agence sont aussi belles que vous ça me va !». J'ai pensé alors que c'était juste un compliment de politesse d'un client français. Et nous l'avons simplement conduit à son hébergement avec mon assistante.

Après plusieurs rencontres sans résultat avec des femmes de l’agence, je lui ai demandé : "Mais quelle type de femme recherchez-vous ?" Et il m'a répondu : "Une femme comme vous".
Et là a commencé notre histoire … elle s’est poursuivie de telle sorte que en 2015, ma fille et moi, nous sommes parties pour vivre avec mon mari dans le sud de la France, après avoir vendu ma voiture, mon appartement et donner toutes nos affaires à nos amis. Notre maison se trouve maintenant à 15 minutes à pied de la mer. Il m'a fallu un an environ pour m'adapter et apprendre le Français. La première année, le moyen de communication entre nous était l'anglais. Je ne connaissais que « Bonjour » en français. Je ne pensais même pas à redémarrer un travail d’agence matrimoniale.

Mais petit à petit j'ai compris que mon travail me manquait, la communication avec mes clients et mes clientes, faire connaissance avec des personnes nouvelles... J'ai réalisé que le mécanisme que j'avais mis en marche il y a des années pouvait toujours fonctionner et qu’il serait plus facile de le redémarrer que cela n’a été de l’arrêter. Mon mari m'a soutenu dans cette démarche. Son soutien fut très important pour moi et je lui en suis très reconnaissante.

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Le fonctionnement de l’agence

  

L’objectif de notre Agence au début est le même qu'en Russie : il s’agit de marier des femmes de Russie et des hommes, issus de Pays Francophones pour le moment. Depuis nous avons élargi la géographie pour l’origine de nos femmes : nos adhérentes viennent encore pour partie de la région de l'Altaï (Sibérie), et maintenant elles viennent aussi d’Iekaterinbourg, de Moscou, de Saint-Pétersbourg, de Kazan, de Minsk et d'autres villes. 

Je m'occupe de la promotion en Russie et mon mari m’aide pour la promotion en France : publicité, promotion en ligne, site Internet. Les principaux moyens de promotion sont évidemment Internet, les réseaux sociaux et la presse. Ce sont des moyens coûteux, mais efficaces en France. Il n'est pas simple de rivaliser avec des agences françaises qui travaillent depuis des années. Nous sommes nouveaux et nous devons gagner la confiance des clients. À vrai dire, je pense que cette concurrence est juste car les hommes choisiront l’agence où ils se sentent à l'aise et en qui ils auront confiance.

Les prétendantes ont leurs peurs, les prétendants aussi ont les leurs. Notre travail consiste à dissiper ces peurs et à prouver que l'amour n'a pas de frontière. Notre charge de travail est énorme. Notre nombre d’adhérentes compte plusieurs centaines femmes, et ce nombre s’accroit chaque jour. Mes horaires de travail sont imprévisibles, notamment en raison du décalage horaire. Chaque jour, il faut organiser plusieurs conversations en vidéo, et des rencontres avec mes clients. 

Nous avons deux avantages compétitifs :
- Notre expérience avec les adhérentes au travers de mes dix-huit ans en Russie
- Le contact direct avec chaque client au bureau ou en vidéo (Skype)
C'est très important, car le succès de notre travail dépend de l'établissement d’un contact personnel et d’une confiance mutuelle, choses rares et précieuses à l'époque de l’internet.

Il est quelquefois très difficile pour nos clients en France de se décider à chercher une épouse dans un autre pays, car les médias avertissent les hommes que les femmes étrangères peuvent être malhonnêtes. Aujourd'hui, il existe une liste noire où les agences ont le droit d'inscrire les noms et les données de telles femmes. Mais heureusement, aucune des femmes de mon agence ne figure sur cette liste. L'homme qui s'inscrit à l'agence consulte les profils des femmes et en choisit quelques-unes. Puis on envoie son propre profil à ces femmes. Mais si une d’entre elles n'aime pas son profil, elle donne une réponse négative. 

Le mode de fonctionnement de l’agence est le suivant : un homme s’adresse à notre bureau et il choisit les services qui lui conviennent. On conclut un contrat. Après, on lui propose des profils de femmes qui correspondent à ses critères et je fais une analyse de mon côté grâce mon expérience pour « ma recommandation ». Ensuite, après des échanges de courriers, on organise des rencontres en vidéo et dans la vraie vie. Je tâche toujours de comprendre chaque personne et ce qu'elle veut précisément. Ma rencontre avec les clients est primordiale : je recueille les éléments verbaux mais je capte aussi les informations non-verbales de notre entretien, afin de servir au mieux ses intérêts.

Bien sûr, mon diplôme de sociologue, mes connaissances de psychologie et mon expérience précieuse m'aident à comprendre chaque personne. Mais le plus important est de créer un climat émotionnel et affectif positif pour que les hommes et les femmes tombent amoureux à travers leurs échanges. Cela rend notre travail romantique. Bien entendu, faire connaissance par agence n'est pas la même chose qu’une rencontre fortuite, et même une rencontre par Skype représente beaucoup de difficultés. Il faut avoir beaucoup de patience : on ne peut pas faire une rencontre par agence un jour, et le lendemain, aller au restaurant ensemble.

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Épouser un homme français

  

Pendant le travail de l'agence en France, plusieurs mariages ont été conclus. Et chaque mois, on organise plusieurs rendez-vous dont certains sont le premier pas vers le mariage.

On a aucune limite d'âge ni pour les femmes, ni pour les hommes. Mais je dois dire que nous n’inscrivons pas tout le monde. J'interviewe chaque femme qui s'adresse à notre agence. Nous vérifions tous leurs documents. C'est la même chose avec les hommes. Je dois être sûre que la femme qui s’inscrit à notre agence ne veut pas juste épouser un prince charmant, mais qu'elle fait un pas sérieux et réalise la responsabilité de ses actes et les changements pour elle.

La pratique montre que l’âge des femmes le plus favorable pour le mariage est de 30 à 45 ans. Mais même après 50 ans, la vie continue. Par exemple, une de nos clientes qui a 60 ans va venir en France pour rencontrer un homme de 68 ans. Le plus souvent, les Européens cherchent les femmes qui sont plus jeunes qu'eux de 10 à 15 ans. C'est tout à fait compréhensible parce que les hommes français sont pleins d'énergie et en bonne santé même à 60 ans. Ils sont divorcés ou veufs, ils ont un bon statut social et la possibilité d'assumer la responsabilité financière de leurs femmes et de ses enfants. Il y a des hommes qui souhaitent devenir père. Généralement, les clients de l'agence sont les hommes divorcés de 40-70 ans Ils sont bien éduqués, financièrement stables. En France, le deuxième mariage est un pas sérieux, car le divorce coûte cher.

Après le mariage, la plupart des femmes ne travaillent pas, elles s'occupent de la famille, de la maison, font du sport, voyagent avec leurs maris. Mais il y a également pas mal de femmes qui apprennent le français et commencent à travailler dans différents domaines. Les hommes français apprécient les valeurs familiales traditionnelles et attendent inconsciemment la même chose de la part des femmes. Un fait intéressant : lorsqu’un Français vient en Sibérie pour rencontrer sa prétendante, ses vêtements ne sont pas chauds d'habitude. Et sa prétendante commence immédiatement à s’inquiéter : elle enroule son écharpe, lui trouve un chapeau, boutonne sa veste. Tout cela fait beaucoup plaisir aux hommes français et ils l'acceptent avec joie.

Le mariage est un pas très sérieux pour les Français. C'est leur trait particulier. Ils assument entièrement la responsabilité financière et morale de leurs femmes et de leurs enfants. Mais ce n’est pas seulement parce que les Français sont de merveilleux maris et papa dès leur naissance, c'est parce que la loi est ainsi faite : il est impossible de ne pas payer de pension alimentaire pour les enfants ou de ne pas passer du temps avec eux après le divorce. Malheureusement, cela n'est pas toujours le cas pour les Russes. 

Les valeurs appréciées par les hommes russes ne sont pas les mêmes que celles des hommes français. Par exemple, bien savoir faire la cuisine (la fierté des femmes russes) ne joue pas un rôle primordial pour les Français, car ils savent très bien faire la cuisine eux-mêmes ou ils vont dîner au restaurant avec leurs femmes. Ils s'intéressent plutôt à la personnalité des femmes, leur attitude envers eux et si elles sont en pleine forme. À propos, beaucoup de Français sont sûrs que les femmes slaves sont les plus belles ! 

Enfin, les hommes Français retrouvent chez la femme slave l’attachement aux valeurs traditionnelles des couples de la génération précédente : stabilité du couple dans la durée, fidélité, confiance mutuelle, attachement aux enfants, au foyer, à la famille."

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